13/09/2016

> Procédés industriels

Industrie du Futur : le numérique transforme le modèle industriel

Objets connectés, big data, cybersécurité… l’Union européenne soutient cette 4ème révolution industrielle à travers le financement de projets interdisciplinaires initiés et portés dans Horizon 2020.

L’industrie entre dans sa 4ème révolution avec le concept d’ « Industrie du Futur »,  basé sur les nouvelles technologies et l’innovation. Après la production mécanisée, l’arrivée de l’électricité puis de l’automatisation, le secteur se caractérise maintenant par une fusion entre internet et les usines. Les machines, les automates et les robots échangent de l’information entre eux ainsi qu’avec l’extérieur, pour optimiser l’outil de production et produire avec plus d’efficacité. L’usine devient autant une plateforme du digital qu’un lieu de production.

Connectées entre elles, les machines sont capables de produire plus intelligemment. Une production flexibilisée permet de s’adapter à la demande en temps réel, une traçabilité augmentée et des contrôles tout au long de la fabrication concourent à une qualité accrue. Les liaisons internet permettent de dépanner à distance et d’améliorer les performances des chaines de fabrication. La production est optimisée en fonction du coût de l’énergie et la souplesse de pilotage permet de personnaliser les produits en fonction des demandes des clients.

Les objets connectés IoT, et leurs pendants industriels IIoT (Industrial Internet of Things), participent à enrichir automatiquement la collecte à distance d’informations éparses. Santé, maison, enfants, accessoires, animaux, loisirs, sécurité… les domaines d’application des IoT sont multiples dans la vie de tous les jours et trouvent aussi toute leur place dans l’industrie, les usines et les process de fabrication dans leur forme industrielle. Un objet connecté est constitué de composants électroniques permettant de communiquer sans fil avec le réseau internet, de remonter des informations issues de capteurs plus ou moins performants et intelligents. Il y aura près de 16 milliards d’objets connectés - voitures connectées, machines, compteurs publics, et électronique grand public - en circulation en 2021, soit 3,4 fois plus qu’en 2015 - d’après l’étude Ericsson Mobility Report (juin 2016). On y apprend également que d'ici cinq ans, 10 fois plus de données mobiles seront échangées.

Actuellement, environ 2,5 trillons d’octets de données sont produits chaque jour. Ils participent à l’explosion quantitative des données numériques, domaine du Big Data. Ces volumes massifs ont amené les chercheurs et les ingénieurs à inventer de nouvelles technologies et de nouveaux traitements pour capturer, stocker, analyser, partager et présenter les données. Le Big Data se présente comme une solution permettant à chacun d’accéder en temps réel à des bases de données géantes, mais aussi à les analyser et les valoriser. Volume, Vitesse et Variété : ces trois vecteurs décrivent à quel point le Big Data diverge de la gestion des données à l'ancienne.

Mais ces avancées soulèvent un tout autre problème, celui de la sécurité des données et plus largement de la Cybersécurité. La déstabilisation, l’espionnage, le sabotage et dans certaines conditions la cybercriminalité constituent les principales menaces qui dominent aujourd’hui dans le monde très large du numérique, de l’entreprise et de l’usine numérique. Considérée par la France comme priorité nationale, les effectifs de l'Agence Nationale pour la Sécurité des Systèmes d'Informations (ANSSI), qui comptait une centaine d'agents en 2009, en aura 600 en 2017.

Marquée par une forte hétérogénéité des systèmes et par des surfaces d’attaques complexes, l’usine numérique se doit d’être protégée au même titre que tout autre système d’information : un défi qui ne doit pas être négligé, l’idéal étant de spécifier la sécurité dans les cahiers des charges, en fonction du risque. Dans l’usine du futur, la sécurité industrielle et la sécurité des systèmes d’information doivent rester au centre de toutes les préoccupations pour assurer qualité, flexibilité et compétitivité à long terme.

L’Usine du Futur s’inscrit naturellement et avec force dans Horizon 2020, le programme de financement de la recherche et de l'innovation de l'Union européenne pour la période 2014-2020. Avec ce programme, l’Union européenne finance des projets résolument interdisciplinaires, susceptibles de répondre aux grands défis économiques et sociaux. De nombreux projets ont été initiés et portés dans Horizon 2020, sur des thématiques très larges et transversales : Systèmes robotisés utilisant de nouvelles fonctions cognitives intégrées, Nanotechnologies, Matériaux avancés, Systèmes de production… 

Si vous voulez en savoir plus sur les programmes européens dans ce domaine, participez à notre journée d’information qui a lieu le 6 octobre dans le cadre des RDV Carnot.